Erstes Kapitel.

 Erstes Kapitel.


Emma




« Le train à destination de Hambourg va entrer en gare. Veuillez vous écarter de la bordure du quai. »


Obéissante, je tirai mon imposante valise et m'écartai de la ligne jaune. Je tenais à arriver en un seul morceau. Le bruit du convoi fit trembler le sol et je vis le premier wagon. Il me passa devant le nez à toute vitesse et je compris pourquoi il valait mieux se tenir à distance du bord du quai. Les portes s'ouvrirent et j'entrai en traînant mes bagages derrière moi, peinant à soulever ma valise. Je cherchai ma place et m'installai, posant ma guitare sur le siège à côté de moi. Quand le train redémarra, je vis que toutes les places étaient occupées à part la mienne et « celle de ma guitare », ce qui me fit rire.



* * *




« Der Zug aus Straßburg wird in den Bahnhof hineingehen. »



Déjà à Stuttgart ? Je n'avais pas vu le temps passer, plongée dans un roman de Thomas Mann. Je repoussai une mèche de cheveux qui barrait mon visage, quand une voix m'interpella :



« Excuse-moi, cette place est déjà prise ? »



Devant moi se tenait un jeune homme androgyne aux longs cheveux bruns, un sourire à tomber par terre et un regard à faire fondre la quasi-totalité du Pôle Nord. J'essayais de retenir ma mâchoire de s'écraser au sol.



- Non, non, répondis-je en enlevant ma guitare du siège à côté de moi.
- Merci, fit-il en s'asseyant. Comment est-ce que tu t'appelles ?
- Emma, et toi ?



Regard étonné. Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?



- Bill, enchanté. Tu es d'où ?
- D'un petit village perdu dans la campagne, en France.
- Tu es française ? J'aurais pas deviné ! Tu n'as presque pas d'accent !
- En fait, je suis trilingue. Et j'ai passé déjà six mois en Allemagne chez une correspondante.
- Je suis nul en langues, me dit-il en riant. Tu as quel âge ?
- Dix-huit ans. Et toi ?
- Dix-huit pour l'instant, dix-neuf dans une semaine.
- Quand ?
- Premier septembre.
- Le jour de ma rentrée !
- Tu viens faire tes études en Allemagne ?
- Oui, j'aimerais devenir photographe. Et comme j'adore l'Allemagne, j'ai trouvé le moyen pour que les deux soient compatibles. Il me reste juste à trouver un appart' à Hambourg, près de l'Université.
- Ouah ! Quelle organisation ! Je suis impressionné.




Nous continuâmes à discuter, faisant une pause à midi pour déjeuner au wagon-restaurant. Il n'avait pas sa langue dans sa poche, et moi non plus. Les conversations furent animées de fous rires et je fis la moue quand il m'annonça qu'il descendait au prochain arrêt, Magdebourg.



« Der Zug aus Stuttgart wird in den Bahnhof hineingehen. »



- Bon, et bien je vais y aller, fit-il en enfilant sa veste. Bon voyage jusqu'à Hambourg !
- Merci. C'était très sympa de parler avec toi.



Je le regardai descendre tandis qu'il agitait sa main pour me dire au revoir. C'est à ce moment que je me rendis compte que j'avais oublié de lui demander son numéro de portable. La dernière image que j'eus de lui, avant qu'il disparaisse de mon champs de vision, fût son regard si particulier, et si... mystérieux.



* * *




Cher Journal,

Je viens d'arriver à l'hôtel. La chambre est vraiment petite, la chasse d'eau ne fonctionne pas très bien et la seule vue que j'ai depuis ma fenêtre, c'est une voie de chemin de fer abandonnée. Malgré tout, je suis très heureuse. Et puis cette chambre est provisoire, dès demain, je cherche un appartement. Aujourd'hui, j'ai rencontré un garçon très sympathique qui s'appelle Bill. Nous avons beaucoup discuté dans le train. Il m'a parlé de sa passion pour la musique, de son frère jumeau et m'a fait rire à ne plus pouvoir m'arrêter. Il est vraiment gentil et marrant. Et très mignon, j'avoue. C'est vraiment bête que j'aie oublié de lui demander son numéro, j'aurais aimé garder contact.

Je me sens déjà bien ici, je suis libre comme l'air. C'est une sensation merveilleuse. J'ai pris beaucoup de photos : des panneaux de signalisation, la campagne allemande, ma minuscule chambre d'hôtel, le centre de Hambourg en soirée... Ça m'inspire beaucoup. Il est déjà onze heures et demie, donc je vais aller me coucher. Je suis morte de fatigue, et demain matin je dois me lever tôt. J'ai hâte de m'installer dans mon premier vrai « chez moi ».








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# Posté le samedi 06 octobre 2007 10:03
Modifié le samedi 23 février 2008 09:48

Zweites Kapitel

Zweites Kapitel

Emma




J'ai froid, pensai-je en regardant ma montre. Le bus de dix heures tardait à arriver, et j'avais beaucoup de choses à faire : trouver un logement, l'aménager et chercher un job. Il ne restait plus qu'une semaine avant le début des cours, et tout devait être bouclé. Oubliant le bus, je partis, à pied, à la conquête de Hambourg.



* * *




C'était une ville passionnante, dont l'histoire, qui m'intriguait, semblait se dévoiler à moi pas à pas. Je m'imprégnais de l'odeur de la liberté tout en marchant, profitant de ce bonheur simple et pourtant si particulier. Presque une heure s'était écoulée depuis que j'étais partie de l'hôtel, lorsque soudain, j'aperçus une petite pancarte accrochée à une fenêtre d'un immeuble « Appartements T2 à louer ». C'était une vieille rue un peu éloignée de l'agitation du centre-ville, qui ne semblait pas très habitée. L'immeuble en question était assez ancien, avec une façade en crépis beige. Je pris mon portable et composai le numéro indiqué sur l'affiche.



« Allô ? Excusez-moi de vous déranger, j'appelle pour les appartements à louer dans la Eichen Straße... Oui, je suis étudiante... Euh, pour plusieurs mois je pense... Vous pouvez venir maintenant ? Vraiment ? C'est génial ! ... Oui, merci. A tout de suite ! »



Je raccrochai, toute fière d'avoir réussi aussi vite. Le ciel se couvrait un peu, et il ne tarda pas à pleuvoir. Heureusement, j'avais pensé à emmener mon super ami le parapluie. Je le dépliai tout en chantonnant « I'm singing in the rain ». J'attendis quelques minutes, le son de la pluie pour seule musique, jusqu'à ce que le propriétaire arrive et me serre la main. C'était un petit homme d'environ soixante ans, avec une tête de grand-père gâteau au chocolat. Je lui parlai un peu de moi, testant mon niveau en allemand, et il me proposa de visiter un des appartements, ce que j'acceptai immédiatement.



Après avoir poussé l'imposante porte d'entrée, nous entrâmes et je rangeai mon parapluie. Il y avait à ma droite une rangée de boîtes aux lettres, à ma gauche une porte donnant l'accès aux caves, et devant moi un vieil escalier. Vous savez, le genre d'escalier très ancien qui crisse sous vos pas. Le propriétaire m'indiqua que « mon appartement » était au troisième étage, soit disant une chance, car il n'y avait pas d'ascenseur.



Après avoir ouvert la porte, nous entrâmes. Je découvris alors une grande pièce avec une porte-fenêtre qui donnait sur un petit balcon. Il y avait également une petite cuisine, une salle de bain et des toilettes, ainsi qu'une chambre. Ce n'était pas immense, mais tout à fait suffisant pour un appartement d'étudiante. Surtout pour une étudiante qui ne roule pas sur l'or. Deux heures après, le contrat était signé et on me remettait les clés.



Je décidai de manger en ville puisqu'il était déjà midi et demi. Le soleil était un peu revenu, ou du moins, la pluie était partie, et je me posai à la terrasse d'un café. Je commandai une pizza ainsi qu'une bière, n'ayant pas envie de réfléchir à un menu de grand chef culinaire. Le tout me fut apporté quelques minutes plus tard, et malgré l'armée de pigeons qui me harcelait, le début de ma première journée en Allemagne se passa merveilleusement bien.






Bill




- Hey, Macky ! Debout, il est déjà midi.
- Quoi...
- Debout, il est déjà midi, répéta Gustav, comme s'il s'adressait à un gamin de trois ans, en me secouant et en tirant ma couverture et mon oreiller, mes plus précieux biens.
- Guuus ! hurlai-je. Rend-moi mon oreiller !



Il s'enfuit en courant, mon précieux « doudou » pris en otage. Je renonçai à le rattraper, puisque le lâche s'était caché dans la cuisine. Sortant de mon lit, je me traînai jusqu'à la salle de bain où je me douchai et me préparai. J'en ressorti au bout d'une demie-heure, et constatai que Gustav avait quitté sa planque pour aller acheter des croissants, qui n'attendaient que d'être engloutis. Je m'installai à table et engageai la conversation.



- Les autres dorment encore ? demandai-je tout en me servant du café.
- Non, ils sont allés louer un Dvd pour ce soir.
- Et dire que demain on reprend déjà les interviews...
- Deux jours de repos, ils sont vraiment radins.
- Je ne te le fais pas dire, répliquai-je en mordant dans mon croissant.
- Et bientôt la tournée dans toute l'Europe.
- Cool, je vais pouvoir retourner faire les boutiques à Paris.
- Si tu tiens vraiment à te faire tuer par une troupe de fans, libre à toi, mais personnellement, je n'essayerais pas.
- Quel courage ! me moquai-je.
- Au moins, je serai vivant, moi ! répliqua-t-il, mort de rire.



Je mis ma tasse dans le lave-vaisselle et partis me brosser les dents. Je repensai à la fille d'hier, cette Emma dont j'avais oublié de demander le numéro. Ne m'avait-elle pas dit qu'elle allait à Hambourg ? Il me semblait que si. Je ne lui avais pas dit que j'y habitais. Peut-être la croiserai-je ? Je ne voulais pas me faire de fausses idées, mais au fond, j'espérais.






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# Posté le mercredi 17 octobre 2007 01:26
Modifié le samedi 23 février 2008 09:47

Drittes Kapitel

Drittes Kapitel

Emma




La cuisine, trois mètres sur deux mètres cinquante. La chambre, deux soixante-quinze sur quatre. La pièce principale, c'était cinq sur quatre. Les toilettes et la salle de bain étaient déjà aménagées, je n'avais donc pas à m'en occuper. Les dimensions de mon appartement dans la tête, je me dirigeai vers le centre-ville, à la recherche de meubles, mais avant tout, de peinture pour repeindre les vieux murs gris. Il était à peu près onze heures, et en ce mercredi matin, l'Avenue principale très animée. Au bout de quelques minutes de « lèche-vitrine », j'aperçus une boutique de décoration au coin de la rue, et y entrai aussitôt. Les achats furent rapidement terminés. Je m'étais décidée pour de la peinture blanche dans le salon et la cuisine, et rouge dans la chambre. Je pris également des pinceaux, tout le nécessaire pour repeindre des murs ainsi qu'une grande bâche pour ne pas tâcher le sol. Je ressorti, tout heureuse, une demi-heure plus tard, et décidai de manger quelque chose avant que tout lieu où l'on pouvait trouver de la nourriture ne soit assailli par les gens prenant leur pause-déjeuner.




Bill



Ne pas m'endormir, ne pas m'endormir, ne pas m'endormir... Depuis six heures du matin, nous enchaînions les interviews, et pour quelqu'un qui aime faire la grasse matinée, c'était un supplice.



- Alors les garçons, vous repartez bientôt sur les routes. Vos plans pour les mois à venir ?
- Et bien, nous avons quelques interviews et émissions de télé prévues pour les prochains jours. Lundi, c'est notre anniversaire à Bill et moi, nous allons faire une fête, dans une salle à Hambourg prévue pour les festivités. Et sûrement beaucoup de bordel. Enfin, une fête quoi, expliqua mon jumeau avec beaucoup de tact.
- Et notre tournée débutera à Berlin, le 4 octobre. Ensuite suivront les villes allemandes, puis la France, l'Angleterre, l'Espagne, l'Italie, la Russie, la Pologne et l'Autriche.
- Ça va être énorme dites-moi ! s'exclama le journaliste.
- Nous ne voulons rater aucune occasion de voyager, et pouvoir nous produire dans tous ces pays est pour nous une chance incroyable, répondit Gus.



* * *




Quelques minutes plus tard, on nous lâcha, et nous pûmes enfin faire une pause. Je mourrais de faim. Gustav et Georg voulaient absolument manger dans un resto chinois, mais Tom et moi regardions avec envie le Mc Donald juste de l'autre côté de la rue. Finalement, après maintes négociations, nous nous séparâmes en deux groupes, et je partis avec mon frère.



- Je vais commander, qu'est-ce que tu veux ?
- Comme toi, répondis-je, trop affamé pour réfléchir.



Il alla faire la queue à la caisse, profitant sûrement de l'occasion pour flirter avec une des employées. Je cherchais une table libre, ce qui n'était pas très difficile puisqu'il n'était que onze heures et demi. Nous mangions toujours plus tôt pour éviter les bains de foule et autres prises de tête, mais nous devions quand même nous camoufler avec des lunettes de soleil et des casquettes, qui soit dit au passage, ne servaient souvent à rien. J'allais m'asseoir lorsque j'aperçu quelqu'un, de dos, que je reconnus immédiatement.




Emma



Le Mc Do' était presque désert, ce qui me convenait parfaitement. Je n'aimais pas particulièrement les endroits où il y avait beaucoup de monde, et de plus, mes pots de peintures prenaient beaucoup de place. Je me débrouillai comme je pus pour les poser sur une chaise, puis pris mon porte-monnaie pour passer commande, lorsque...



« Bouh ! » fit une voix dans mon dos, me faisant sursauter.



Je me retournai pour voir qui était le petit malin qui s'amusait à faire des frayeurs aux pauvres gens qui n'avaient rien demandé. Je ne fus pas déçue.



- Bill ?! Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu fais là ? demandais-je, n'en croyant pas mes yeux.
- Et bien... en fait, j'habite ici, à Hambourg, avec deux potes et mon frère Tom, le poulpe dans la file d'attente, là-bas, fit-il en me montrant un jeune homme avec des dreads et habillé avec des fringues dans lesquelles on aurait pu en mettre dix comme lui.
- C'est vraiment une coïncidence qu'on se retrouve ! J'avais oublié de te demander ton numéro, et...
- Salut la compagnie ! coupa soudain le dénommé Tom en posant son plateau sur la table. Alors, Bill, tu ne me présentes pas cette charmante demoiselle ?
- Tom, tu ne t'arrêteras jamais ? fit-il en levant les yeux au ciel. Je te présente, puisque tu y tiens tant, Emma.
- Enchantée, fis-je en adressant un grand sourire à son jumeau, qui pourtant ne lui ressemblait pas vraiment.



Je les laissai pour acheter mon hamburger, puis revins avec mon plateau et m'installai avec eux pour manger. Nous discutâmes et je pus faire plus ample connaissance avec les deux garçons. Après avoir fini de déjeuner, j'annonçai que je devais rentrer chez moi pour repeindre les murs, et Bill me demanda si j'avais besoin d'aide.



- Toi ? Bricoler, peindre ? Tu as de la fièvre ? Tu veux que j'apelle un médecin ? demanda Tom à son frère.
- Non, je vais parfaitement bien, continua Bill sans se soucier des remarques de son frère. J'ai l'après-midi de libre, à partir de quinze heures.
- J'avoue que j'aurais bien besoin d'aide, avec mon mètre soixante-trois répondis-je en griffonnant mon adresse sur un bout de papier.
- D'accord, l'escabeau de service est là ! fit-il en rigolant.



Je leur fis la bise et repartis chez moi, portant ma peinture à bout de bras, mais me réjouissant de cette rencontre aussi merveilleuse qu'inattendue...




* * *




Me prenant les pieds dans la bâche recouvrant le sol, je traversai le salon encombré de toutes sortes d'outils et ouvris la porte d'entrée.


« Coucou ! » me dit Bill, un escabeau sous le bras.


Je le fis entrer et lui exposa mes plans d'artiste peintre. Nous nous mîmes aussitôt au travail. J'avais du mal à peindre le haut des murs, et utilisai donc l'escabeau que Bill avait emmené.



- Bill.
- Ja ?
- Cette chose n'a pas l'air très stable, si tu veux mon avis.
- Tu as peur ? fit-il en souriant.
- Non, mais je suis sûre que je vais tomber si je monte dessus. Tu peux le tenir s'il te plait ? demandai-je.
- Bien sûr Votre Altesse ! Si la princesse veut bien se permettre...
- Je me trompe ou tu es en train de te moquer de moi ?
- En plus c'est une princesse très perspicace ! répondit-il, hilare.



Lorsque je fus certaine qu'il tenait fermement l'escabeau, je grimpai dessus et m'appliquai à ne pas faire de bavure sur le plafond. Quand j'eue fini, je descendis, retrouvant avec bonheur la terre ferme, et nous nous attaquâmes à ma chambre.



* * *




- J'ai de la peinture sous les ongles ! fit Bill en pleurnichant.
- Oh mein Gott ! Mais c'est la fin du monde, répondis-je en me moquant un peu de lui.
- Rira bien qui rira le dernier...


Je ne me méfiai pas vraiment de sa menace, mais appris ce jour là à faire très attention à un Bill ayant une idée de vengeance derrière la tête. Je fus très surprise, en effet, lorsque je sentis quelque chose de froid et mouillé me tomber dessus et couler le long de mon dos. Je tournai la tête et vis Bill, perché sur son escabeau, un sourire jusqu'aux oreilles et un seau –vide- dans les mains. Vous devinez très bien où était rendu le contenu du seau.



- Oups ! fit l'auteur de cette hilarante blague.
- Tu vas le payer, marmonnai-je, réfléchissant déjà à une vengeance digne de ce nom.



Du haut de son perchoir, mort de rire, Bill me regardait, ne flairant pas le mauvais coup que je lui préparais. Ce fut son tour d'être étonné lorsque je me mis à foncer vers lui en criant « tu vas mourir ! ». Il descendit aussitôt de l'escabeau et se mit à courir partout dans l'appartement, moi à ses trousses. Quels gamins, pensai-je avec un sourire. Je criai victoire lorsqu'il fut bloqué dans un coin de la salle de bain, et en profitai pour lui sauter dessus et le chatouiller. Mes côtes me faisaient mal tellement je riais, et nos jeux de gosses de cinq ans cessèrent après que nous ayons repris notre souffle. La peinture intégrale de l'appartement fut terminée vers dix-neuf heures, pause bonbons et papotage comprises, et après s'être dit au revoir et promis de se rappeler, nous nous quittâmes, le sourire aux lèvres.







Die-Engel-unserer-Herzen ©




# Posté le vendredi 02 novembre 2007 15:23
Modifié le samedi 23 février 2008 09:47

Viertes Kapitel

Viertes Kapitel


Emma




Je me frottai les mains, admirant mon appartement que je venais tout juste de finir d'aménager. Ça m'avait pris toute la journée d'hier et aujourd'hui. Réveil à six heures et fin de soirée avec des courbatures partout. Autant dire que j'étais très heureuse que ce soit enfin fini. Heureuse mais épuisée. J'allai dans la salle de bain, me douchai, me remaquillai et me vêtis d'un pantalon slim et d'un tee-shirt noir. Le temps que je me sèche les cheveux et on sonnait déjà la porte. Je courus ouvrir, les clés à la main et le sourire aux lèvres.




- Salut ! fit Bill en s'avançant pour me faire la bise.
- Tu t'es remis de la terrible bataille de l'autre jour ? plaisantai-je.
- Qu'est-ce que tu crois ? Je suis invincible !
- C'est normal, tu es mon frère jumeau, ajouta son frère, Tom le poulpe, surgissant de derrière lui.
- Quelle modestie ! dit un jeune homme blond avec une casquette.
- Ah oui, désolé, j'ai oublié de vous présenter, s'excusa Bill. Donc, tu connais déjà Tom, et voici Gustav et Georg.
- Enchantée, moi c'est Emma, me présentai-je. Entrez.




Après avoir essuyé leurs pieds, je les invitai à passer au salon, dont les murs avaient été peints en blanc par Monsieur Bill, qui n'en était pas peu fier. Un canapé rouge trônait au centre de la pièce, faisant face à la télévision et entouré de deux fauteuils noirs. Le salon fut vite rempli par la joyeuse troupe, et je leur demandai s'ils voulaient boire quelque chose.




- Qu'est-ce que tu as ? demanda Tom.
- C'est une excellente question, répondis-je en allant dans la cuisine et en ouvrant le frigo pour regarder. Alors... bière, jus d'orange ou... bière.
- Bière ! crièrent les quatre depuis le salon.




D'accord, pas d'amateur de jus d'orange dans les parages. Je pris donc cinq bières et les rejoignis. Ils semblaient au beau milieu d'une conversation plutôt... agitée, mais s'arrêtèrent net quand je fis mon apparition. Ce qui m'inquiéta quelques peu. La soirée se déroula sans autres incidents, dans les rires, les batailles de coussins, bien entendu lancées par les jumeaux, les plaisanteries de Tom envers ses acolytes, et la guerre contre Gustav pour payer les pizzas. Cela faisait très longtemps que je ne m'étais pas autant amusé.





* * *






Après avoir dîné, Georg proposa de regarder un film. Nous acquiesçâmes et il sortit un Dvd. Oh non, un film d'horreur. Je ne supportais pas les films d'horreur, et ce depuis toujours. En principe, je n'en regardais qu'aux soirées-pyjama, auxquelles je n'allais pas très souvent. J'arrivais donc relativement bien à y échapper, il me suffisait de me cacher dans mon sac de couchage en me bouchant les oreilles, et les autres étaient tellement captivées qu'elles n'y voyaient que du feu. C'était simple, trop de suspens et je craquais.




Vers le milieu du film, je n'en pouvais plus, ces bras arrachés et yeux sortant de leur orbite me donnaient – plus que – la chair de poule, mais je n'avais pas de sac de couchage dans lequel me cacher. Je me recroquevillai sur moi-même, au fond du canapé, un coussin contre moi. Une mère s'apprêtait à rentrer dans la chambre de sa fille, lorsqu'un « truc-non-identifié-qui-ressemblait-vaguement-à-un-zombie » lui sauta dessus. Nous hurlâmes tous, moi encore plus fort que les autres. Je ne remarquai qu'après que j'avais, de surprise et de peur, agrippé la main de mon voisin et l'avais serrée de toutes mes forces, lui faisant sûrement un petit peu mal avec mes ongles. Je tournai la tête et voulus retirer ma main, mais il la serra un peu plus.




- Tu as peur ? chuchotai-je.
- Bien sûr que non, c'est juste pour te rassurer, répliqua-t-il à voix basse.
- Et je suis censée te croire ?
- Oui. Bill Kaulitz n'a jamais peur, c'est bien connu !
- Alors je n'étais pas au courant, fis-je en lui tirant la langue. Il répliqua, et un concours de grimace se mis en place, jusqu'à ce que l'on se rende compte que le film était fini.




* * *





Cher Journal,

Aujourd'hui, j'ai terminé l'aménagement de mon appartement et j'ai invité Bill. Il m'a présenté les deux potes avec qui il vit, et j'ai revu son frère Tom. Je me suis vraiment éclatée ! J'avais l'impression d'être avec des amis que je connaissais depuis super longtemps. Je n'ai pas vraiment d'amis, et encore moins d'amis que je connais depuis longtemps. Mais pour moi, l'amitié, c'est comme un courant électrique qu'on sent dans chaque fibre de notre être. J'aime bien l'amitié. J'aime cette sensation d'être aimée, ou du moins de ne pas être détestée. Tu le sais bien toi, cher Journal. Tu te souviens ?


J'aime cette liberté, pouvoir faire ce que je veux, sans que personne ne me juge. Personne ne me connaît ici, et c'est ça qui me plaît, je peux être ... juste moi.








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# Posté le samedi 10 novembre 2007 13:29
Modifié le samedi 23 février 2008 09:47

Fünftes Kapitel

Fünftes Kapitel

Emma




Mon réveil sonna à sept heures précises, et je me levai d'excellente humeur. Après m'être préparée, j'attrapai mon sac de cours et pris le chemin du campus. En route, je m'arrêtai dans un Starbuck Café, buvant seulement un café car je n'étais pas particulièrement en avance, et que je n'allais pas me permettre d'être en retard le jour de la rentrée. Lorsque j'arrivai devant l'université, une foule était déjà attroupée devant, attendant l'ouverture de la grille. Un homme de la cinquantaine en costume, sûrement le Proviseur, vint ouvrir une dizaine de minutes plus tard, et nous entrâmes.




* * *





Nous étions réunis dans le hall, attendant qu'on nous dise nos classes. Je n'aimais pas beaucoup être coincée entre des centaines de personnes inconnues de moi. Je me sentais... étouffée et abandonnée. C'est un sentiment étrange de se sentir abandonnée lorsqu'on est au centre d'une foule. Ça parlait, ça criait, et ça fêtait les retrouvailles. Moi, je ne connaissais personne, et ce n'était pas plus mal. Le Proviseur (car c'était bien lui) prit un micro et commença un long discours un brin ennuyeux, que, j'avoue, je n'ai pas écouté en entier. Il fit ensuite l'appel et nous fûmes répartis dans nos classes.




* * *





Je suivis les autres étudiants jusqu'à une salle, qui se trouvait être le labo photo, où nous avons été accueillis par notre professeur en photographie, notre prof' principale. Elle nous expliqua rapidement l'utilisation de cette salle : nous pouvions y venir quand nous le souhaitions, mais il fallait s'inscrire et respecter les horaires qui étaient punaisées sur la porte. Quelques détails techniques (et la distribution des papiers administratifs et de notre emploi du temps) plus tard, la sonnerie retentit et nous sortîmes et du labo photo pour aller à notre prochain cours : dessin. La salle était très spacieuse, avec des chevalets au lieu des tables ordinaires, et des tonnes de peinture, de craie, de fusain et d'autre matériel artistique. Après avoir présenté le programme de l'année, elle nous donna notre premier sujet : représenter un sentiment bien précis. Il me fallut à peine quelques secondes pour que l'inspiration vienne. J'avais choisi le sentiment merveilleux qu'est le bonheur. Le c½ur qui se serre, les larmes qui vous montent aux yeux, la gorge qui se noue et le sourire qui se dessine tout seul sur les lèvres...


Quand la prof' vint voir « nous ½uvres » à la fin de l'heure, sa réaction fut très simple. Elle resta bouche-bée pendant près de trente secondes. Je m'étais donnée à fond pour ce travail, et j'avoue, j'en étais très fière. J'avais une irrésistible envie de pleurer, sans en avoir la raison.




* * *





La pause déjeuner passa très rapidement, pour la simple et bonne raison que je n'en avais pratiquement pas. Mes cours débutaient tous les jours à dix heures, la matinée se terminait à midi, pause déjeuner, je reprenais à treize heures et ma journée se finissait à quinze heures. J'avais vraiment un emploi du temps idéal. Le temps d'avaler un sandwich et un verre d'eau, et je repartais déjà en Histoire de l'Art. Un des cours les plus ennuyeux de la planète entière, mais c'était obligatoire dans cette Université. Je passai donc l'heure à dessiner sur ma main, et lorsque le professeur me demanda ce que je faisais, je me contentai de lui adresser mon plus angélique sourire.


Ensuite, j'eus une heure d'Allemand, pendant laquelle je ne me permis pas de rêvasser vu mon niveau. Suivie mon tout premier cours de Japonais. Je ne me débrouillai pas trop mal avec l'accent, mais pour écrire et lire les caractères, c'était une autre paire de manches. La sonnerie annonça la fin des cours, et après un détour par mon – immense – casier, je rentrai chez moi à pied, chantonnant sans m'occuper des passants qui me dévisageaient en se disant sûrement que j'étais un peu folle...




* * *





Jetant mon sac de cours sur le canapé, je courus jusqu'à ma chambre et ouvris mon armoire en grand. J'avais quelque chose de prévu ce soir. Etalant toutes mes fringues sur mon lit, j'en prenais, allais devant le miroir puis reposais. Je ne trouvais rien. Alors que je me disais que j'allais finir par être en retard, je me souvins de mon tee-shirt préféré qui était... je ne sais où. Je fouillai partout : sous le lit, dans la salle de bain, et après avoir cherché pendant près d'une demie-heure, je me rappelai qu'il était... dans le fond de mon armoire. Si mes parents avaient été là, ils m'auraient sans aucun doute dit que j'étais tête en l'air. Ce que j'étais en fait. Habillée de mon tee-shirt fétiche, noir avec une énorme tête de mort rouge et d'un jean slim noir, j'enfilai une veste avant de courir jusqu'à l'arrêt de bus.




* * *





Lorsque j'arrivai, Bill et Tom étaient à la porte et accueillaient tout le monde. Un sourire se dessina sur mes lèvres et je les saluai en leur donnant leurs cadeaux. J'avais passé plusieurs heures à les faire, et je n'étais pas sûre que ça leur plairait. Ma mère, que j'appelai tous les deux jours, m'avait dit que j'étais folle de me décarcasser à ce point pour des gens que je ne connaissais que depuis une semaine. Mais je n'y pouvais rien, j'étais comme ça. En voyant le grand sourire sur leur visage quand ils déballèrent leurs présents, j'en conclus que je ne m'étais pas trop mal débrouillée. Pour Tom, je l'avais dessiné en personnage de bande dessinée, faisant des figures de hip-hop. Et pour Bill, j'avais photographié les quais de la gare d'Hambourg, puisque nous nous étions rencontrés dans un train, et j'avais dessiné son portrait au fusain.J'avais encadrés mes deux ½uvres d'arts, espérant que cela leur plairait. Et que mes efforts soient récompensés par un sourire était merveilleux.




* * *





La fête d'anniversaire des jumeaux battait son plein, la boisson aussi. Il devait être environ une heure du matin, et on venait d'ouvrir la piste de danse. J'étais assise dans un fauteuil, à observer Georg qui dansait et Tom qui flirtait, quand je vis Bill, dans un coin, avec pour seule compagnie le verre qu'il tenait à la main. Je me levai et fis le tour la piste pour finalement me laisser tomber à côté de lui.




- Tu danses pas ? lui demandai-je.
- Quoi ?
- Tu ne danses pas ? répétai-je, criant presque pour couvrir la musique.
- Non, fit-il en baissant la tête.
- Pourquoi ? Il y a pleins de filles qui veulent danser avec toi.
- Peut-être, mais moi je veux pas, répondit-il avec une voix de gamin. Je... je sais pas danser.
- Quoi, c'est tout ? fis-je en éclatant de rire.
- C'est pas drôle. Avoir dix-neuf ans et ne pas savoir danser, c'est super grave. Heureusement que c'est pas puni par la loi.
- N'importe quoi ! Allez viens !
- Quoi « viens » ?
- Viens, je vais t'apprendre !
- M'apprendre ? répéta-t-il, un peu étonné.
- Oui, oui ! J'ai fait sept ans de danse classique et cinq ans de danse moderne. Et pour me faire un peu d'argent de poche, je donnais des cours aux enfants de moins de six ans.
- Mais moi, j'ai dix-neuf ans ! Et je suis sûr que je serais un très mauvais élève !
- Allez, tu vas voir, c'est pas bien compliqué !
- Emma, tu veux vraiment que je me tape la honte de ma vie ?
- S'il te plait... dis-je avec les yeux du Chat Potté dans « Shrek ».
- Ah non, c'est pas du jeu, ça !
- Youpi ! fis-je en l'entraînant sur la piste de danse.




Au début, il était complètement paumé, mais quelques instants après, on aurait dit un poisson dans l'eau. Et un poisson tout heureux, s'il vous plait. Il avait un sacré sens du rythme, c'était impressionnant.




* * *




J'étais un peu épuisée d'avoir dansé pendant une demi-heure non-stop, et tandis que Bill rejoignit son frère, qui discutait avec un jeune homme blond, leur meilleur ami m'avait-il dit, je m'assis au bar et commandai une bière.



- Si j'avais sus qu'il dansait comme ça, je lui aurais demandé de faire des chorégraphies pour les concerts, dit un homme à côté de moi. Ses petits pas de danse, pourtant pas très élaborés, sont déjà très appréciés par les demoiselles...




Voyant qu'il s'adressait à moi, je ne compris pas vraiment.




- Qui ça ? Bill ?
- Bien sûr. Je vous ai vu tout à l'heure, il m'avait caché qu'il savait danser. Vous êtes très douée, d'ailleurs.
- Merci. Vous êtes son père ? hasardai-je, un peu perdue.
- Son père ? Non, pas du tout, je suis son producteur ! répondit-il en éclatant de rire.
- Son... son producteur ? répétai-je.
- Oui, il ne vous en avait pas parlé ?
- Je vois que non.




J'étais complètement paumée. Qu'était-ce encore que cette histoire de producteur ?




- Bill et Tom font partie d'un groupe qu'ils ont fondé avec deux amis, Georg et Gustav, que vous connaissez peut-être, et dont je suis le producteur.
- Je... j'étais pas au courant.
- Bill est très discret sur ce sujet avec les gens qu'il ne connaît pas depuis longtemps. Leur groupe est, comment dire... mondialement connu pour faire court, et dans le milieu, accorder sa confiance est assez difficile avec toutes les personnes mal attentionnées qui ne pensent qu'à l'argent et la célébrité.
- Mais je ne suis pas quelqu'un de mal attentionné ! Je n'étais même pas au courant ! fis-je, totalement abasourdie.
- Justement, Bill préfère ne rien dire au début, pour être sûr qu'on l'apprécie pour lui et non pour sa célébrité.




Que pouvais-je répondre à ça ? Et quand David, car c'est ainsi qu'il s'appelait, me dit que les quatre garçons partaient dans deux jours pour une tournée européenne qui durerait presque trois mois, je me forçai à sourire, puis pris congé. Je voulus dire au revoir, mais tout ce que je trouvai fut un Tom complément saoul, allongé sur un canapé et chantant « Ich bin Schnappi, das kleine Krokodil ! » à pleins poumons. Je pris donc ma veste et rentrai chez moi pour me glisser sous les draps. Il était quatre heures du matin et non seulement je ne tenais plus debout, mais je n'en revenais pas qu'ils aient pu me cacher quelque chose d'aussi énorme. Quelque chose d'aussi énorme que le fait qu'ils partaient pendant trois mois. Et dans seulement deux jours...






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# Posté le dimanche 25 novembre 2007 07:11
Modifié le samedi 23 février 2008 09:48

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